
Paru le 23 octobre 2026
Haute-Corse : à San Lorenzo, l’installation d’une jeune médecin généraliste va faire reculer le désert médical
Tout juste diplômée, elle a décidé de s’installer dans le cabinet flambant neuf que la municipalité est en train de réaliser. Une bonne nouvelle pour les habitants du village qui y voient un gage d’attractivité pour leur commune et la vallée.
C’est une installation qui est attendue avec impatience. Dans quelques semaines, le village de San Lorenzo disposera d’un cabinet médical tout neuf, aménagé dans un bâtiment communal aux multiples usages (voir ci-dessous). Surtout, ses habitants pourront consulter une médecin généraliste à raison de deux jours par semaine*.
Dumè Tomasi l’avoue, l’installation d’une médecin au village va faciliter la vie de tout le monde : « Sans ça, il faut aller à Ponte Leccia ou à Corte. Entre la route et l’attente, il faut compter une demi-journée pour une consultation de quelques minutes. » Sans oublier les coûts liés au carburant. Pas de quoi encourager les habitants les plus éloignés à se soigner. « Forcément, on y réfléchit à deux fois avant de prendre un rendez-vous », souffle la mère de famille de 38 ans qui compte bien changer de médecin traitant au profit de la nouvelle docteure bientôt installée.
Facteur d’attractivité pour le village
Nicolas Emmanuelli, lui, a déjà sauté le pas. « C’est important de la faire travailler car des gens se sont battus pour qu’elle puisse s’installer et que le village et la vallée en bénéficient », souligne le sapeur-pompier volontaire et gérant d’un organisme de formation spécialisé dans les risques professionnels.

Pour Dumè, avoir un médecin au village permet aussi de rassurer les jeunes parents. Pierre-Manuel Pescetti
Pour ce père de famille de 38 ans, l’installation d’une médecin généraliste au village a été une nouvelle qui a conforté son choix de revenir vivre dans le village où il a grandi après une parenthèse professionnelle ajaccienne : « C’est rassurant autant pour les personnes âgées que pour les jeunes familles car en cas d’urgence médicale, les premiers secours mettent 20 à 25 minutes pour arriver. Avec un médecin sur place, on peut traiter le problème plus vite et limiter les dégâts. »
Un argument valable pour toutes les générations, qui peut favoriser d’autres installations à San Lorenzo comme dans tout le canton. « On croise les doigts pour que ça incite d’autres personnes à revenir vivre au village », souffle Delphine Moracchini. Installée à San Lorenzo depuis 17 ans, cette amoureuse de la vallée considère l’arrivée d’une médecin généraliste comme « une installation d’utilité publique ».
Force de persuasion
Pour la mère de famille de 41 ans, le cabinet médical est aussi un vecteur de lien social : « Les gens vont venir de tout le canton, ça va faire du passage et créer une dynamique au cœur du village. »

Pour Delphine, l’installation d’une médecin généraliste à San Lorenzo est aussi gage d’attractivité pour le village. Pierre-Manuel Pescetti
Pile dans l’ambition de la municipalité et du maire, Jérôme Negroni qui a su convaincre la jeune médecin originaire de la région de choisir sa commune après de longues études sur le continent : « Je l’ai rencontrée au printemps 2024 et on s’est lié d’amitié. Elle a adhéré tout de suite à l’idée de s’installer au village et on a bâti ensemble le projet. Les travaux vont commencer dans les prochains jours et la priorité est donnée au cabinet médical. »

Ils pourraient bien être terminés d’ici la fin de l’année 2026, voire au début de l’année 2027.
Une bâtisse qui fait battre le cœur du village
Le cabinet médical fait partie d’un projet plus conséquent. Il sera implanté dans une grande bâtisse rachetée par la commune qui y commence « le projet d’une décennie », selon Jérôme Negroni. Au programme, plusieurs mois de rénovation pour transformer le bâtiment de 350 m². « Il y aura aussi un appartement T3, la mairie et l’agence postale, ainsi qu’un bar au rez-de-chaussée, où se trouvait l’ancien commerce qui a fermé vers 2014 », précise l’édile. Montant total entre l’acquisition et les travaux ? Environ 650 000 € dont une grande partie financée par le Fonds vert de l’État. « Les différents préfets nous ont beaucoup aidés pour monter les dossiers. En tout, neuf entreprises différentes vont travailler sur le projet. »
*Le reste du temps, elle consultera à Ponte Leccia.








